Vaste étendue d'étoiles, univers sans limites,
Où l'infiniment grand est l'infiniment petit,
Où la mort, certainement, se fond avec la vie,
Où quelque part, malgré tout, j'existe...
Trainée de poudre blanche, galaxie immaculée,
Que l'on peut librement, en silence, admirer
Quand la nuit est bien noire et le soleil éteint,
De quelque part pourtant, où nous ne sommes rien.
Système solaire restreint dans cette voie lactée,
Où, à notre échelle, le temps ne saura rien changer,
Et sur ces neuf planètes, une se différencie :
Celle où il y a ce qu'on appelle la Vie.
On l'appelle la Terre, ou la planète bleue,
Dessus, des milliards d'humains qui cherchent à être heureux,
Orgueilleux et certains de leurs vaines missions,
Fourmillement idiot d'une illusoire raison?
Dans l'hémisphère nord, au dessue de l'Afrique,
De cette planète Terre à la forme sphérique,
Un continent, l'Europe, notion artificielle,
Importante convenance, puérile à l'Eternel.
Et au beau milieu de ce futile arrangement,
Une infime partie de l'Univers s'étend,
C'est le pays où je vis depuis toute enfant,
Où je suis née, sans l'avoir demandé pourtant.
Dans ma ville, je connais d'autres gens qui, comme moi,
Parlent de la vie, de la mort de vive voix,
Ils sont plus fous que le commun des hommes,
Si inutiles et oubliés dans ce monde qui les étonne !
Et ma rue est l'atome d'une tonne de plomb,
Dans ce monde qui m'écrase, d'acier et de béton,
Chose étrange pourtant, une flamme s'allume,
Je me sens plus utile quand je prends une plume.
Et j'écris dans ma chambre pour comprendre l'affaire
Des rues, des villes, des continents, des terres de l'Univers,
Où quelque part, tu es venu me chercher,
Où quelque part, parmi des millions d'hommes,
Tu m'as un jour trouvée, et où tu m'as aimée.
Vers 1987, époque où Pluton était encore une planète :)