Un jour...

Un jour...
Un jour, peut-être, je comprendrai...
Un jour, peut-être, je saurai...
Mais quand ce jour viendra,
J'oublierai ce que je voulais savoir,
Ce que je voulais comprendre.

Et seule, j'imagine un monde inaccessible,
Impossible à atteindre,
Incompréhensible.

Mais toi aussi un jour, peut-être, tu comprendras,
Un jour peut-être tu sauras...
Et ce jour là,
Tu sauras que j'ai essayé de te comprendre.

1985
# Posté le lundi 04 septembre 2006 06:43
Modifié le mardi 07 octobre 2008 11:54

Quelque part

Vaste étendue d'étoiles, univers sans limites,
Où l'infiniment grand est l'infiniment petit,
Où la mort, certainement, se fond avec la vie,
Où quelque part, malgré tout, j'existe...

Trainée de poudre blanche, galaxie immaculée,
Que l'on peut librement, en silence, admirer
Quand la nuit est bien noire et le soleil éteint,
De quelque part pourtant, où nous ne sommes rien.

Système solaire restreint dans cette voie lactée,
Où, à notre échelle, le temps ne saura rien changer,
Et sur ces neuf planètes, une se différencie :
Celle où il y a ce qu'on appelle la Vie.

On l'appelle la Terre, ou la planète bleue,
Dessus, des milliards d'humains qui cherchent à être heureux,
Orgueilleux et certains de leurs vaines missions,
Fourmillement idiot d'une illusoire raison?

Dans l'hémisphère nord, au dessue de l'Afrique,
De cette planète Terre à la forme sphérique,
Un continent, l'Europe, notion artificielle,
Importante convenance, puérile à l'Eternel.

Et au beau milieu de ce futile arrangement,
Une infime partie de l'Univers s'étend,
C'est le pays où je vis depuis toute enfant,
Où je suis née, sans l'avoir demandé pourtant.

Dans ma ville, je connais d'autres gens qui, comme moi,
Parlent de la vie, de la mort de vive voix,
Ils sont plus fous que le commun des hommes,
Si inutiles et oubliés dans ce monde qui les étonne !

Et ma rue est l'atome d'une tonne de plomb,
Dans ce monde qui m'écrase, d'acier et de béton,
Chose étrange pourtant, une flamme s'allume,
Je me sens plus utile quand je prends une plume.

Et j'écris dans ma chambre pour comprendre l'affaire
Des rues, des villes, des continents, des terres de l'Univers,
Où quelque part, tu es venu me chercher,
Où quelque part, parmi des millions d'hommes,
Tu m'as un jour trouvée, et où tu m'as aimée.


Vers 1987, époque où Pluton était encore une planète :)
Quelque part
# Posté le mercredi 06 septembre 2006 12:31
Modifié le mardi 07 octobre 2008 11:58

Sécheresse

Aime moi comme la pluie,
Averse irrégulière qui obstinément revient
Sur les terres arides que l'amour a taries...
Quelque soit le temps qu'il puisse faire demain,
La pluie reviendra, quoi qu'on fasse,
Et ton amour alors épanchera ma soif.

Aime moi comme le soleil,
Le temps d'une éclaircie,
Ton amour en toi sommeille
Etoile cachée par les nuages de la nuit.
Mais le soleil reviendra, pour peu que la nuit meurre,
Et ton amour enfin réchauffera mon coeur.

Aime moi comme le vent,
Léger courant d'air ou tourbillon violent...
Ton souffle attise la flamme de cette lumière qui vibre,
Apporte moi ton amour, puis échappe-toi : sois libre !
Et le vent reviendra, c'est lui qui me l'a dit
Et ton amour alors oxygènera ma vie !

Aime moi comme la lune,
Douce et fantaisiste apparition nocturne,
Livide visage et croissants lunatiques
Qui disparaissent aux matins des tristes nostalgiques...
Car la lune reviendra chaque soir charmer les noctambules
Comme ton amour coloriera mes plus beaux crépuscules.

Aime moi comme le temps,
Fugitif et éternel
Car la lune, la pluie, le soleil et le vent,
Ne sont qu'illusions qui enfin me révèlent...
L'infini est au temps ce que la conscience est à ma raison...
Aime moi simplement, de mille et une façons.


1987
Sécheresse
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# Posté le mercredi 06 septembre 2006 12:38
Modifié le jeudi 12 février 2009 08:29

Le Banc

Sur le banc, ils sont là,
Assis comme autrefois...
Et il lui parle d'amour, comme il le faisait si bien
Quand elle avait seize ans et qu'il en avait vingt.

La vie, derrière eux, semble leur servir de guide :
Tous seuls, tous les deux, ils remettent en commun
Ces années franchies dans ce monde stupide,
Loins des réalité, au delà de l'humain.

Les cheveux gris et les rides, tant de signes de sagesse,
Il a fallu qu'un jour, toute tricherie cesse,
Et ils se sont aimés, au delà des faiblesses,
L'amour les a armés, dans ce monde qui nous blesse.

Dans ma vie, un beau jour, qui vais-je enfin trouver?
Peut-être dans cinq, dix ou trente années,
Serais-je toujours là, comme quand j'étais enfant,
A me demander à quoi sert ce vieux banc.


le 14/01/1989
Le Banc
# Posté le jeudi 07 septembre 2006 12:09
Modifié le jeudi 13 novembre 2008 07:11

Prédictions

Le jeu équivoque des mots et du silence
S'est imposé le jour où comme moi tu as vu
Qu'au delà de l'amour, nous aurions la patience
De nous acharner malgré tout, à jamais imprévus.

Dès lors, les doubles mots n'ont plus été qu'aveux,
Dès lors, les doux aveux n'ont plus été que jeux,
Sincères, nous n'étions plus spontanés,
Trop blessés dedans nous pour pouvoir espérer.

Lequel de nous deux brisera l'indécent inceste?
Lequel de nous deux parlera le premier?
Cet insoutenable pari pourrait bien tout briser
Si nous ne réalisions pas que nous avons parié.

Ce défi incessant pourrait bien prendre fin
Mais que deviendrait cette douce ambiguïté?
Cette pureté qui aiguise notre faim
Pourrait dans l'Inconsciance se trouver effacée.

1989
Prédictions
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# Posté le jeudi 07 septembre 2006 12:13
Modifié le jeudi 13 novembre 2008 07:13

Noir et blanc

Noir et blanc
Une vieille horloge... Des bouts de verre brisé...
Des rideaux gris et des toiles d'araignées...
Une bouteille presque vide et un silence de mort.
Dans la maison de feu, on dirait que tout dort.

L'escalier poussiéreux grince quand le chat
D'un air trop innocent le monte pas à pas.
En haut, c'est la tourmente qui nous appelle à l'aide,
En haut, la tentation est grande, si grande qu'on y cède.

Sur le bord de la fenêtre, un cône d'encens qui fume,
Sur le parquet poisseux, des mégots mal éteints,
Sur le guéridon, une seringue et la lumière de la lune,
Sur le divan jauni, vie et mort ne sont qu'un.
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# Posté le jeudi 07 septembre 2006 12:15
Modifié le jeudi 13 novembre 2008 07:27

Nuit et silence

J'aurais voulu t'écrire les étoiles du soir,
Quand les ombres découpent les paysages noirs,
Quand les feuilles frémissent et cachent les nuages
Qui, dans un ciel gris bleu, s'étirent et puis surnagent...

J'aurais voulu t'écrire les étoiles du soir,
J'aurais voulu décrire les parfums de la nuit,
Te décrire les frissons et les ambiances douces
Des nuits de pleine lune - mais de pleine lune rousse !
Qui donnent un goût amer à nos vies asservies...

J'aurais voulu décrire les parfums de la nuit,
J'aurais voulu te dire les bruits de l'ombre,
Les bruits et le silence et les gouttes de pluie,
Les furtifs murmures qui semblent d'outre-tombe
Et le vent qui, doucement, semble bercer la ville...

J'aurais voulu te dire les bruits de l'ombre,
J'aurais voulu t'écrire les étoiles du soir,
J'aurais voulu décrire les parfums de la nuit.

Car la nuit est lumière lorsque nos vies sont sombres,
Car le soir est l'aube qui donne jour à la vie,
Car l'ombre me protège quand je suis dans tes bras,
Mais tes yeux m'ont tout dit.
Tout.
Bien mieux que je ne l'écris.


1988
Nuit et silence
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# Posté le jeudi 07 septembre 2006 12:20
Modifié le jeudi 13 novembre 2008 07:23

Un soir à Dublin

Un soir à Dublin
Quand il pleut, quand il neige,
Quand le ciel est éteint ou quand le ciel est pur,
Je sais que pour la vie, tel est mon privilège :
D'admirer la lune, fière, glaciale, et dure.

Comme la nuit est douce, lorsque par la fenêtre,
Sensuelle et voluptueuse, je la vois apparaître
Et je ne sais que trop le plaisir qu'elle procure
Quand en ombres chinoises elle dessine sur le mur
Les arbres du jardin et leurs feuilles qui tremblent,
O comme dans la nuit noire, la lune me ressemble !

Elle est pâle et livide et ne vit que dans l'ombre,
Elle s'enfuit au matin et ne laisse de traces
Que dans les cimetières, sur le marbre des tombes
Et le soleil profane, tout le mystère efface.

Et la lune m'ensorcelle, divine et maléfique,
Dans la nuit sacrée qu'elle rend psychédélique,
Elle me donne son pouvoir, sa force, m'enseigne ses sortilèges,
Enfin, rend innocent ce qui est sacrilège.


Le 2/07/1991
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# Posté le vendredi 08 septembre 2006 05:08
Modifié le jeudi 13 novembre 2008 07:25

Avalon

Je me souviens d'une légende celte, ancienne et païenne :
Il y avait sur une île, très loin, en terre d'Irlande,
Un cimetière oublié où orties et verveines
Avaient encore une fois fait triompher la lande.

Et cette île entourée par de noirs marécages,
Sanctuaire inviolé au milieu de feuillages
Abritait la sagesse du vieux peuple magicien
Traqué par les saxons qui le voulaient chrétien.

Jamais ils n'atteignirent cette île merveilleuse,
Ils cherchèrent longtemps à percer ses brouillards,
Et un à un moururent elfes et feux-follets.

Comprenez par là tout ce que vous voudrez
Mais pour avoir voulu vivre selon leurs convictions, ils sont morts.
Et moi, j'aime les gens qui savent crever.


1991
Avalon
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# Posté le vendredi 08 septembre 2006 05:12
Modifié le jeudi 13 novembre 2008 07:30

Vagabon

Une existence grise et pleine de secrets,
Tes yeux ouverts sur ma vie resteront à jamais muets,
Tu as une place immense dans mon coeur qui déroule
Des images de feu au milieu de la foule.

Tu es le passager clandestin de mes nuits,
Le seul amour d'enfance que je n'ai jamais fui,
Tu es le grand mystère, le confident fidèle
La présence discrète qui tout à coup mugit
Quand mon bonheur très haut s'envole à tire-d'ailes.

Mendiant d'amour, tu n'aurais pu être
Qu'un morceau de chiffon...
Tu as ouvert mon âme, je t'ai donné un nom...
Vagabon.

Et toi qui as toujours dormi à mes côtés,
Toi que le hasard ne m'a jamais enlevé,
Toi qui depuis toujours, lorsque je dors, me veilles,
Je sais que tu seras là pour le grand sommeil.


1991
Vagabon
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# Posté le vendredi 08 septembre 2006 05:14
Modifié le jeudi 13 novembre 2008 07:32